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Trump repeint le diesel en rouge, pour faire baisser le prix à la pompe
information fournie par Zonebourse 06/10/2026 à 16:12

Donald Trump a peut-être trouvé comment faire baisser le prix du diesel sans produire un seul gallon supplémentaire : supprimer une partie des taxes. Face à un carburant qui a dépassé 6,50 dollars le gallon, la Maison-Blanche veut élargir l'accès au diesel rouge, normalement réservé à certains usages et détaxé. Une ristourne bienvenue à la pompe, mais qui ne change rien au vrai problème : le monde manque de diesel.

Changer la couleur du carburant ne fera évidemment pas apparaître de nouveaux barils. Mais à quelques semaines des élections de mi-mandat, chaque centime compte. En ouvrant plus largement l'accès au diesel rouge, Washington peut réduire rapidement la facture de certains consommateurs sans intervenir directement sur le marché pétrolier.

Qu'est-ce que le diesel rouge ?

Le diesel rouge est un carburant dérivé du pétrole, chimiquement très proche du diesel classique. Sa principale particularité tient à l'ajout d'un colorant rouge écarlate, qui permet de l'identifier comme un carburant bénéficiant d'une fiscalité réduite. Egalement appelé fioul rouge, diesel agricole ou gazole non routier, il est réservé à certains usages, notamment aux engins mobiles non routiers et au chauffage. Son utilisation comme carburant routier est normalement interdite et considérée comme une fraude fiscale.

Face à l'envolée du prix du diesel, Donald Trump a décidé d'assouplir temporairement ces règles. Le gallon a atteint 6,53 dollars à la fin de la semaine dernière, selon les données de l'Energy Information Administration. L'administration américaine a donc autorisé une distribution plus large du diesel teinté en rouge, avec un objectif clair : réduire la facture des consommateurs à la pompe. La Maison-Blanche insiste toutefois sur le caractère exceptionnel de cette mesure, justifiée par des circonstances elles-mêmes jugées exceptionnelles.

Changer la couleur du diesel ne change pas le problème de fond

Le premier obstacle à une telle dérogation est que l'impact n'est que très limité. En effet, la combinaison entre les taxes moyennes prélevées par les Etats, estimées à environ 35,5 cents par gallon et la fiscalité fédérale à 24,3 cents par gallon ne représente qu'une économie d'un peu plus de 50 cents par gallon.

Dès lors, s'il n'y a pas de petites économies, même en roulant au diesel rouge les consommateurs sont frappés de plein fouet par la flambée des prix du pétrole. Le cadeau fiscal envisagé par l'Etat américain peut séduire en surface mais ne change pas la contraction de l'offre qui est la cause profonde des records de prix à la pompe.

Le maquillage d'un sombre tableau

La mesure apparaît ainsi davantage comme une réponse à la pression des consommateurs, à l'approche des élections de mi-mandat, que comme une solution économique de long terme. Elle reste néanmoins moins perturbatrice qu'une autre piste envisagée par Washington : limiter les exportations américaines de diesel.

Conserver davantage de carburant sur le marché intérieur pourrait en effet déplacer le problème vers les marchés étrangers et perturber encore davantage les flux mondiaux. Gregg Ibendahl, professeur d'économie agricole à la Kansas State University, s'exprime à ce sujet : "Cela aiderait moins qu'on pourrait le penser, et la version que l'administration peut mettre en oeuvre sans le Congrès ne ferait pas du tout baisser les prix à la pompe."

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